samedi 16 février 2013

Le monde du bout des rêves.

Les fous qui prétendent que tout monde a une fin, qu'à un endroit, plus rien n'est sous nos pieds, plus rien ne surplombe notre tête, je leur ai donné raison.

 J'ai traversé milles et un déserts seuls. Je n'en avais jamais vu la fin. Ils me semblaient infinis, interminables. Chaque dune voguait avec moi. Elle ondulait sous ma marche lente, certaine mais errante. Je marchais vers l'inconnu. Un désert de songes. Froids, durs. Une solitude désespérante au point de voir surgir de cet espace infini mes doubles, mes peurs, mes doutes, mes peines. Cette violence muette, je ne la connaissais que trop bien, celle qui ne dit rien, qui ne sent rien.
 Elle ne prévient jamais, mais elle était induite en chacun des grains de sable de cet immense désert. Au dessus de moi flottait une nuit profonde, un sommeil turbulent, des cauchemars frustrant. J'y cherchais mes rêves  J'y cherchais l'amour. Mais rien n'y faisait. Le temps infini défilait, se liant avec ma solitude, faisant de moi un esclave de mon propre tourment.
 A chaque fois que je le pouvais, je regardais le ciel, espérant le voir éclater en morceaux, qu'il en apparaisse un ciel bleu. Un ciel d'étoiles. Ou alors que les morceaux de ce ciel en se brisant soient assez gros pour briser mon corps et que mon sang se mêle à ce désert, mais que ce calvaire cesse.

 J'avais souvent imaginé tes boucles d'or. Au delà de cette vitre épaisse. Puis le temps passa. Et le ciel se déchira. Et tu apparus. Nos univers se ressemblaient. Nous étions surement faits l'un pour l'autre. Puis nous nous sommes liés.

 Et aujourd'hui. Ou bien depuis je ne sais quand. Je te perdais. Et je t'ai perdu. Le monde du rêve s'est effondré. Cela s'est vite passé. Ta main s'est gelée. Tes doigts ont lâché les miens. Je n'étais pas ton rêve. Je ne sais même pas ce que j'étais par moment. Tu as raison. Nous ne nous entendrons jamais. Nous n'aurons jamais les mêmes besoins et les mêmes envies. Jamais.

 Tu as laissé ta marque sur mon visage. Sur mon coeur, dans mon âme. Je ne sais plus quoi en penser. Je n'étais qu'un bloc. Pour boucher un vide. Tu n'étais pas ça pour moi. Mais tu préfères écouter ton intérieur et vivre aux cotés de cet être irréel. Je me suis attaché. Et j'ai perdu. Je t'ai perdu.

 Je me suis investi pour toi. Mais rien n'y faisait. Tu étais guidée pour ne pas me féliciter. Pour ne me montrer que "Ton incapacité à m'aimer", j'aurais du fuir a ce moment là. J'ai été faible, je voulais y croire. Je voulais me dire que tu changerais. Mais non.

 Ce monde prend fin, celui sur lequel je m'appuyais, et je tombe désormais sans cesse. Seul, toujours ancré dans cet univers de rêves et de bonheur. J'y avais pris gout. J'arrivais même à passer outre certains détails qui me brisaient.

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