vendredi 13 avril 2012
A court de voix...
Ce matin... Je me suis levé, j'avais un chat dans la gorge. Enrouée, nouée, ma voix ne s'entendait plus. Comme une idée que l'on étouffait, une pensée que l'on mettait sous silence. J'étais ce petit murmure, trop faible pour que l'on l'entende, trop désespéré pour s'en sortir indemne... Aujourd'hui, je me sens comme la minorité.
Personne ne m'écoute, car personne ne peut et ne veut m'entendre. Je suis ce petit rouge-gorge que l'on a enfermé dans une cage en verre pour que son chant doux ne rompe pas le silence de l'incertitude, du mensonge.
Je suis celui qui ne peut plus répondre des actes que je subis, j'en reste sans voix. Tout l'Univers s'est réfugié dans mes cordes vocales, sèches, coupantes, fragiles et amorphes. On m'a coupé le souffle, je suis entrain d'étouffer. Pourtant je les vois tendre les mains et les oreilles, ils veulent m'écouter.
Ils sont prêts à accepter ce que je veux leur communiquer. Les murs sont encore là, certes, cependant, j'en donne ma parole et ma langue au chat, nos voix unies seront capable de les renverser.
Je suis muet, comme une carcasse vide, je n'ai plus aucune raisonnance en moi, cette voix qui me chantonnait à l'oreille les mots des poètes, les fers des chevaliers, les discours des grands Hommes. Elle n'est plus là. On me coupe la parole, on m'apostrophe. Je suis un lion en cage qui rêve d'engloutir la savane.
Je respire un grand coup, je reprends mon souffle. Je sens en moi cette puissance monter à mon cerveau. Il remue sans cesse, affolé et furieux. La bête s'agite, elle arrache les barreaux de la cage. La plénitude, cette voix, cette chaleur, revient à mes oreilles. Les proses sans rides déchirent ces chaînes moroses. Comme un tsunami déchaîné, je m'écrase avec fracas sur mes cordes vocales que l'on a soumises.
Je suis la voix de la majorité. J'écrase les langues de bois, qui laissent leurs sifflements de reptile apeurer les foules. Vos mains seront la lame, ma voix sera le pommeau. Comme un glaive tranchant, mes rimes fendent les ouragans. Sortis des tempêtes, mes mots lacèrent les grosses têtes, qui de leurs paroles en ont fait les vices de cette folle.
Société corrompue, ma voix te défie. J'en appelle aux vents chauds qui portent nos espoirs. J'hurle à la Lune de laisser les océans libérer leur courroux. Je crie aux peuples de lever leurs mains et de brandirent leurs âmes. Que nos chants s'élèvent haut dans le ciel, que les voix calmes et timides s'expriment. La prochaine plénitude sera celle de toutes nos voix...
Nous ne laisserons plus les serpents siffler sur nos têtes.
Je vous en donne ma Parole.
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