samedi 7 avril 2012

Les mains moites.




Avides de chair, de toucher, elles sont là pour être mes outils. 
 Elles montrent mon tremblement, mon hésitation, ma passion.
Aggrippantes, attachantes, contraignantes, saisissantes. Mes mains recherchent toujours le chemin à tâtons. Craigant seulement de poser les doigts sur des ronces.

 C'est toujours ça que l'on retient, les moments éprouvants. On s'accroche à des instants, à des instincts, à ses intestins. Les thérapies amicales, les reproches familiales, les "tu devrais, mais rien ne t'y force", qui sont là pour rappeler quelle voie il faut suivre. Les déchirures délicates, qui font les plaies les plus impures. Celles qui s'infectent, qui nous affectent. Les gangrènes morales sont des graines malsaines qui font pourrir les veines, qui détruisent le courage. S'accrocher au train de la vie, c'est comme refermer les poings sur une barre de métal brûlante, celle qui fait cuire la peau. Qui attaque les chairs et qui vous fait chuter.
 Mes mains me servent à te rattraper quand tu glisses. Elles servent à agripper les murs pour mieux les escalader. Je veux atteindre le sommet encore une fois, sans regarder le vide, sans me préoccuper de ma chute.
 Je veux pouvoir une fois de plus m'envoler pour aller caresser tes ailes d'ange, tu sais, celles qui poussent dans ton dos à chaque fois que tu me souris. Ha, je divague, mes mains trempées par le sang, la sueur, les épreuves, elles glissent, elles sont moites, j'attrape tes doigts, je n'arrive pas à les garder. Et je tombe, je me fracasse sur les rochers pointus d'une falaise, je laisse mon corps se perdre dans les abîmes. J'oublie les réponses que l'on doit tous retenir.

 Je perds mon nom, je perds ma raison d'être. J'oublie mon Monde, je trépasse d'une dimension à l'autre. Le courant m'emporte. Je saisis un rocher pour me retenir seulement... 



 Mes mains sont moites. Mon désir est ardent. 

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